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Les monnaies numériques

Le financement participatif de La Doume et des autres 25 monnaies intéressées par le logiciel de gestion de monnaie locale Le MOLOCO (pour MOnnaie LOcale COplémentaire) a échoué. Rien de grave, cela peut se retenter par la suite.

Aprés s’être engagé aux cotés de la Doume pour ce logiciel de gestion de monnaie electronique, les membres de l’association s’interessent au différentes forme de monnaie électroniques existantes, pour mieux choisir parmi les possibilités. Voici donc, un tour d’horizon des monnaies locales numériques

Petit préambule :

Il existe les deux types de monnaie :
Les monnaie « fiduciaires » : autrefois sonnante et trébuchante. Aujourd’hui elles ne valent plus leurs pesant d’or, mais restent des monnaies matériels que l’on trouve sous forme de pièces, billets, coquillages, etc, n’importe quel objet !
Les monnaies scripturales : ce sont des monnaies de compte, écrites et inscrites sur un registre. Ces comptes et ces registres se font maintenant sous forme numérique. Une monnaie électronique est forcément de type scriptural.
Bien sur, une monnaie peut prendre ces 2 formes, c’est le cas de l’Euro.

Ces types de monnaie font débats au sein des monnaies locales.
Schématiquement, le réseau MLCC a un fort parti-pris en faveur des monnaies fiduciaires. La matérialité, le geste de l’échanger, le symbole sont vu comme des choses importantes.
Le mouvement SOL soutien les monnaies fiduciaires ET scripturales/numériques, notamment de part ces fondements historiques : le projet d’origine « la carte SOL » était une monnaie uniquement numérique.

La plupart des SEL sont des monnaies scripturales : ils fonctionnent via des comptes en ligne. Les Accorderies sont des monnaie-temps (échange de service) uniquement scripturales encore un fois avec des comptes en ligne.

Avis personnel de Rémi : il n’y a pas de vraie ou de fausse monnaie.
Aujourd’hui, les monnaies, la valeur n’a aucun ancrage matériel (or, terre, ou autre). La monnaie est avant-tout une histoire de confiance (certains disent de croyance).
Les deux types de monnaie ont leurs avantages et leurs inconvénients.
Seulement, la société, le système nous pousse vers l’électronique pour sa vitesse de traitement, sa traçabilité, et l’économie de travail que cela peut représenter.

La Bel Monnaie (Valence) et le Coopek (France)

La Bel Monnaie de Valence et ses environs est une monnaie uniquement électronique. Elle fonctionne avec une carte équipée de flash code. Le logiciel de gestion est conçu par Doing, une entreprise stéphanoise. Les utilisateurs et les commerçants utilisent uniquement un compte en ligne.

Le Coopek est une monnaie nationale numérique engagée en faveur écologique. Porté par une SCIC (Société Coopérative d’intérêt Collectif) le Coopek a fait son lancement le 3 octobre. Les Coopek circulent parmi les réseaux Biocoop (dans les boutiques qui ont choisie de l’accepter), ainsi que d’autres réseaux et initiatives engagées en faveurs de la transition écologique. Ainsi le Coopek compte parmi son réseau un grand nombre d’entreprises et artisans du bâtiment. Une action importante du Coopek sera de pouvoir créer une monnaie-crédit en Coopek permettant de financer la transition écologique.

Pour les 2 monnaies, techniquement, les transactions se déroulent de 2 façons :

– Via une application sur ordinateur ou tablette.
Elle donne accès à un compte en ligne et un paiement en ligne. Le client reçoit un SMS avec un code provisoire qu’il donne au vendeur pour valider la transaction.

– Via le lecteur Famoco.
Celui-ci coûte 190€. Il a une connexion wifi et 3G, il peut donc être itinérant.
C’est un peu comme un smartphone sous Android mais avec peu de possibilité et un contrôle total des logiciels qu’il peut y avoir dessus.
Il peut prendre des photos et détecter un QR code → ça envoie sur une interface de saisie du montant → le client saisie son code pin pour valider la transaction.
Gère le paiement sans-contact avec la technologie NFC et une puce RFID

L’Eusko (Pays Basque)

Va utiliser la même technologie que la Bel Monnaie ou le Coopek.
A un contrat avec une entreprise pour le déploiement et la maintenance logiciel.
Ce logiciel s’appelle Cyclos et est mondialement connu parmi les monnaies locales (le logiciel a été créé en Afrique du Sud à l’origine). Ce logiciel est compliqué, il a l’avantage d’être opensource et gratuit, mais des « extensions » importantes sont gérées par une entreprise par laquelle on devient obligé de passer (dépendance à un prestataire).
L’Eusko fait une campagne de financement participatif pour le passage au numérique. Objectif 30000€ pour financer les cartes à puces RFID et lecteur Famoco

La Doume (Puy de Dôme) et son logiciel Le MOLOCO

La Monnaie Locale La Doume de Clermont-Ferrand existe depuis bientôt 2 ans. L’association s’est créée son propre logiciel de gestion des Doumes en ligne : le MOLOCO (MOnnaie LOcale COmplémentaire). Les professionnels amènent leurs Doumes au Comptoir de Change qui crédite ensuite ces Doumes sur le compte en ligne des professionnels. Ceux-ci et celles-ci peuvent y avoir accès avec un identifiant et mot de passe sur le site de la Doume. Ils et elles peuvent faire des virements en Doume à d’autres professionnels. Le système est simple et peu coûteux. De plus, le logiciel permet de gérer les adhérents utilisateurs et professionnels. Les pros peuvent personnaliser eux-même leurs pages sur le site de la Doume.

Le Sou en Mayenne

C’est une « monnaie libre » dans la lignée de la théorie relative de la monnaie de Stephan Laborde (voir un résumé ICI). Le Sou est une crypto-monnaie citoyenne basée sur la technologie blockchain (chaîne de bloc en français). Elle est en test depuis quelques mois, et donc encore à l’état de projet. L’idée à terme sera de mettre en place un dividende universel pour tout les adhérents avec de la monnaie créée tous les mois, et avec une limite théorique basée sur l’espérance de vie, le tout étant géré par un algorithme dont les règles sont accessible. Il sera aussi possible de convertir des Euros en Sou.
Pour avoir un compte et utiliser les Sou, il est demandé d’installer un logiciel sur son PC, la validation d’un compte se fait par cooptation par les membres de l’association.
Le site de la monnaie Le Sou permet aussi de publier des offres d’achat et de vente, pour les particuliers comme pour les professionnels. L’annuaire des offres ressemble à ce l’on peut trouver sur un SEL ou sur Le Bon Coin.

Le Trèfle dans l’agglomération de Périgueux

La monnaie est portée par l’association La Trèflerie, elle est en circulation depuis moins de 3 mois.
Elle dispose d’un système informatique créé par une personne qui a beaucoup oeuvré dans les SEL.

Deux formes de paiement :

– par SMS : Le compte est associé au numéro du téléphone, ce téléphone ne peut pas effectué de paiement pour un autre compte. On envoie un sms simple en utilisant des commandes simple. Exemple : le SMS « S ? » renvoie le solde et le numéro de son compte, le SMS « 9,5/35 » envoie 9,5 Trefles sur le compte n°35.

– Par messagerie instantanée : envoyant un messages à bank@trefle.me  avec les même commandes que par sms.

Le système très léger, il tourne sur un Raspeberry Pi (un micro ordinateur qui ici fait office de serveur et centre de traitement). Le système est très sécurisé, principalement de par son architecture et son fonctionnement. Il pense que ce système ne fonctionne pas au-delà de 10000 utilisateurs.
La personne à l’origine du système est prête a le déployerchez d’autres monnaies locales. Il propose un contrat d’utilisation et de maintenance à 1€/an/compte !

La SoNantes

Monnaie locale de l’agglomération de Nantes, portée par la municipalité mais pas par les citoyens. 200 professionnels acceptent la monnaie. Uniquement numérique, la municipalité a investi plusieurs centaines de milliers d’Euros pour la chambre de compensation qui gère la circulation de la monnaie. C’est un logiciel propriétaire.